mercredi 17 février 2016

Le clocher qui sans cesse résonne

Le clocher qui sans cesse résonne

Anleréli zankakadoun


 
1915-2015 : Le centenaire du génocide aura été une année riche en parutions, dans tous les domaines concernant l’Arménie et les Arméniens. Le Clocher qui sans cesse résonne, traduction de lépopée en vers Anleréli zankakadoun de Paruyr Sévak, écrit en 1958 dédié à Komitas, est considéré comme un monument de la poésie arménienne de la seconde moitié du xxe siècle.

Il est composé de six groupes de chants, les cloches du clocher ; les cinq premiers sont consacrés à la vie de Komitas, de sa jeunesse à sa mort, le dernier chant concerne sa postérité. Au fil des pages, P. Sévak met en lumière la vie de Komitas, sa formation musicale, son travail de transcription des chants et ses recherches sur lancien système de notation de la musique arménienne par les neumes et les khaz, et en parallèle, il dresse un tableau de l’histoire du peuple arménien. Dans une langue vibrante, et avec une formidable puissance créatrice, le poète parvient à restituer la vie dans les campagnes, les fêtes, les chants, les danses, les labours, les joies et les peines, la tragédie des massacres et la tentative deffacement d’un peuple. Tantôt, il interpelle le Père Komitas, lui parle comme à un ami ou un frère, tantôt, il déplore l’indifférence des grandes puissances devant l’innommable.



Ce joyau de la littérature a été récemment traduit par Alice Varvarian. La traductrice, qui avait précédemment traduit les contes de H.Toumanian et Gh.Aghaian, a tenu à garder la métrique et le rythme des vers de Paruyr Sévak, ce qui est particulièrement difficile dans les traductions de poésie, et qui donne parfois lieu à des contractions qui réduisent l’envol des mots et de la phrase, rendant la langue par trop familière. Malgcela, la traduction a le mérite de donner accès à l’œuvre dans sa totaliet à en mesurer la richesse. De nombreux documents annexes: notes et commentaires visent à une meilleure compréhension des références linguistiques, géographiques et historiques, auxquels sajoutent photographies, illustrations et traductions de quatre chants de Komitas.
« Tant que le monde existera, notre clocher résonnera. »
 

Anahid Samikyan

Le Clocher qui sans cesse résonne, Éditions Sigest, 263 pages, 16