mardi 8 septembre 2015

Une goutte de miel



Extrait du Beau-livre "Mon ami Toumanian" paru chez Sigest

 

Ballade de Hovhannès Toumanian écrite en 1909

Traduite par Alice Varvarian-Saboundjian en 2009
Illustrations par Laureen Topalian 



UNE GOUTTE DE MIEL


Dans son village, un paysan
Monte une boutique, de tout y vend.
Voici qu’un jour, d’un proche patelin,
Bâton en main, suivi d’ son chien,
Un rude berger entre hardiment.
-  Bonjour à toi, maître marchand,
         T’as pas de miel

         A nous donner ?
-  J’en ai, j’en ai, berger mon frère,
Où est ton pot ? Apporte-le-moi,
De quel côté que tu voudras,
A cet instant, je te le sers.

 
Avec plaisir et bonhomie,
Plus doux que miel, parlaient ainsi
Servant du miel, lorsque soudain,
Coula par terre, du miel, une goutte …
Bzz !... De l’autre côté, une mouche advint, 
Et aussitôt fonce sur la goutte.
Mais sur la mouche, sournoisement,
Le chat de ce maître marchand
    Bondit, sauta,
    D’une patte frappa…
Mais au moment où saute le chat,
Le chien-berger se redressa,
    Fit un gros ouaf,
    Puis terrassa
          Le pauvre chat…
          Il l’étrangla,
          Le secoua,
          Et l’ balança.
-  Oh… ! il l’étrangle… ! Ah, mon pauvre chat… !
Oh,  crève donc toi, chien fils de chienne!
Gronde vivement  le marchand de miel,
S’emparant de je ne sais quoi,
Frappa le chien, frappa, frappa,
Le culbuta auprès du chat.


 
-  Ah, que je meurs ! Oh, mon brave chien !
Ma seule ressource ! Source de mes biens… !
Maudit sois-tu, mauvais marchand !
Impertinent ! Affreux manant !
Cogner mon chien ? Tu as fait ça ?!
Tu veux cogner ? tu vas voir ça ...
Crie avec force notre colosse,
Levant, baissant, furieusement,   
Son grand bâton muni d’une crosse,
Etale à terre, le pauvre marchand.


-  Ils l’ont tué !... A l’aide, au secours !...
De porte en porte, de tous côtés,
De l’un à l’autre, la nouvelle court :
-  A l’aide, au secours !... Ils l’ont tué !...


Arrivent d’en bas, accourent d’en haut,
Rebroussent chemin, laissent leur boulot,

Criant, pleurant,

En se ruant,

Et père, et mère,

Et sœurs, et frères,

Épouses, enfants,

Et beaux-parents,

Les bons copains,

Marraines, parrains,

Gendres et tontons…
Comment savoir qui donc ils sont… ?
Tous sont venus, dès qu’ils l’ont su,
Quand ils arrivent, lui cognent dessus.
-  Oh, le sauvage ! Ours mal léché !
Qu’une chose pareille puisse arriver ?!
Tu es venu faire ton marché,
Ou nous tuer dans nos foyers ?...


Et pour chaque mot, ils frappent dix fois,
Tout macéré, ils le laissent là,
Près de son chien, de tout son long.
-  Emportez donc votre mort, dit-on.




Et d’ici part la triste nouvelle,
Au proche patelin, arrive chez elle.


     -  A l’aide ! On sort !
        Êtes-vous donc  morts ?!
Ils ont tué l’un de nos gars…

  
Ainsi qu’un  nid de mouches-à-chien (Le taon)

Que l’on détruit, réduit à rien,

Comme  ces mouches-là
Les villageois bien vite s’ameutent,
En maudissant, sortent de chez eux,
Chacun tenant n’importe quoi :
Qui un fusil, un bout de bois,
Qui une fourche, serpe, ou épée,
Qui une pelle ou une bêche,
Qui une hache, et qui une broche,
Qui à cheval, et qui à pied,
Qui sans bonnet, et qui pieds nus,
Vont au village ennemi en vue.  
-  Mais quel village sans foi ni loi,
Sans crainte, sans peur, et sans pitié !
On va, tranquille, faire son marché,
Ils vous passent au fil de l’épée !...
On crache dessus vos villageois !
Sur vos coutumes, sur votre fierté…

Allons les tuer !

Les massacrer !...
-  En avant tous ! Que l’on voit ça !...


Et les voilà qui s’affrontèrent,
Qui se frappèrent, et se frappèrent,
Se fusillèrent, se massacrèrent …
Le nombre sans fin des massacrés,
Faisait monter leur rage de tuer.

Se sont entre-tués,

Se sont massacrés,

Partis, disparus,

A terre confondus.



Tu croiras pas… ces deux hameaux,
Quoique très proches et même voisins,
Payaient tributs, payaient impôts
Pas au même roi, chacun au sien.


Le roi de l’un de ces pays,
Dès qu’il entend l’affreux  récit,
Rassemble vite tous ses sujets,
Leur annonce un urgent décret :
-  Je veux qu’on sache, sur toutes nos terres,
Soldats, ou nobles, ou ouvriers,

De tous domaines,

Du monde entier,
Que notre voisin, perfide nation,
Sans aucun droit, par trahison,
En force sur nos terres est entré,
Alors que nous dormions en paix,  
A coups d’épée, a massacré
Nos chers enfants. Voilà les faits.   
Donc, brûlés vifs ou poignardés,               
Nos fils demandent à être vengés !
Et contraire à notre volonté,
Ordre est donné à notre armée
Munie de canons destructeurs,
Au nom de Dieu, de sa puissance,
Au nom d’une juste et sainte vengeance,
D’entrer en terre ennemie, sur l’heure.



Et l’autre roi, comme le premier,
Écrit au peuple, à son armée,
-  Devant les hommes, et devant Dieu,
Nous condamnons les actes odieux
De notre voisin, fourbe et sans foi,
Qui foule aux pieds toutes les lois,
Pousse au combat et au conflit
De vieilles nations toujours unies, 
Détruit l’entente et les traités.
Donc obligé, à contre gré,
Pour la justice, l’honneur bafoué,
Pour l’innocence du sang versé,
Au nom de notre liberté,
Au nom de Dieu, sa dignité,
Notre voix s’élève et le défie,
Que notre épée retombe sur lui !...

         
Et commence une terrible guerre,
De tous côtés, rumeurs, tonnerre,
Sont incendiés villes et villages…
Sang, ruines, cris, pleurs, affreux carnage,
Partout, partout, terreur, malheur,
Et de partout, l’odeur des morts…

           Été, hiver,
Années entières

          D’hommes sans travail,

          Champs sans semailles,
Et tandis que la guerre ne cesse,
La famine étend sa détresse.
La famine, avec ses malheurs,
Fait un désert, d’une terre en fleurs.


Les rescapés, avec effroi,
Se demandaient, comment, pourquoi,
D’où était née cette guerre immonde,
Ce grand désastre, de par le monde…




vendredi 4 septembre 2015

Guerre en Syrie

GUERRE en SYRIE

Le mensonge organisé des médias et des politiques français

de François BELLIOT

Chroniques - Vol. 1 


Editions Sigest. EAN 9782917329818
124 pages, 15x21 cm, 14,95 euros
Parution : 25 septembre 2015

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Feuilleter quelques pages du livre



Dans la première partie de cette série de chroniques en deux volumes, l’auteur passe en revue quelques cas remarquables d’« événements » organisés sur le sol français, et destinés à renforcer, dans l’opinion publique, la présentation diabolisatrice du président Bachar el-Assad et du « régime syrien » qui lui est imposée par les politiques et les médias de masse depuis le début du conflit en mars 2011. Ces événements, dont l’organisation malveillante n’a pas jamais faibli ces quatre dernières années, sont de toutes natures : manifestations, journées de soutien, sit-in collectifs, conférences, concerts. Ils ont été à chaque fois favorablement relayés par les médias, quand dans le même temps tous les autres événements comparables montés par les groupes contestant le récit officiel ont été passés sous silence. La fonction de cette propagande à sens unique était et est encore de préparer l’opinion à accepter la nécessité d’une intervention militaire internationale contre le pouvoir syrien légalement élu, en instrumentalisant notamment des assassinats et des massacres révoltants commis par les « rebelles » et mensongèrement imputés aux autorités syriennes.

Le second volume sera consacré à l’analyse des plus importantes de ces grosses affaires, parmi lesquelles celle de l'attaque à l’arme chimique dans la banlieue de Damas le 21 août 2013.


François Belliot est homme de lettres, auteur de nombreux articles et études sur le terrorisme fabriqué et les manipulations médiatiques. Textes publiés sur divers sites Internet, en particulier le site « Arrêt sur Info ».