samedi 29 mars 2014

SIGEST au salon du livre de Paris



SIGEST au salon du livre de Paris

Par Isabelle R.


SIGEST était présent au Salon du livre de Paris qui s’est tenu du 21 au 24 mars à la Porte de Versailles.

« En l’absence d’un stand Arménie on a voulu être présent au salon, même avec un stand modeste » a déclaré le directeur de SIGEST Jean Sirapian.
J.M. Vernochet (Les Egarés)
 
Laureen Topalian (Mon ami Toumanian)


Depuis 2004, l’année de lancement du département édition, SIGEST présentait pas moins de 84 ouvrages dans son catalogue 2013-2014. Le dernier paru, la BD Némésis sur Soghomon Tehlirian, a créé la surprise avec plus de 1000 exemplaires vendus, à peine sortie de l’imprimerie. « La version anglaise est en préparation pour la rentrée 2014, ainsi que la traduction en arménienne » a-t-il précisé M. Sirapian en ajoutant « Des traductions en russe, en allemand et… en turc sont à l’étude ».
Jan Varoujan et Paolo Cossi (Mission Spéciale - Némésis)

Plusieurs auteurs ont été conviés sur le stand pour dédicacer, dont deux venant de l’étranger : Paolo Cossi (d’Italie) et Fadi Azar (du Liban).
Erwan Kerivel (Les Fils du Soleil), Denis Donikian (L'île de l'âme)
Fadi Azar (Soeur Christèle)












Nombreux contacts ont été noués avec des professionnels tant sur le plan de l’édition que de l’impression (papier et numérique). 

Roger Akl (Dieu, Liban, la France et moi)

Djian (Mission spéciale- Némésis)

Pierre Koulak (Fernand Raynaud)
Concernant l'organisation M. Sirapian, comme beaucoup d'autres exposants, exprime ses réserves. 
« Vu le prix qu’on paye en tant qu’exposant pour un modeste stand et parallèlement vu le prix qui font payer aux visiteurs (10 euro), Reed Exposition, aurait pu fournir une meilleure organisation et de prestations » a-t-il conclu M. Sirapian.

jeudi 20 mars 2014

la BD Némésis à Villeurbanne



BD Mission Spéciale Némésis à Villeurbanne


Après la présentation à Paris le 17 mars, Paolo Cossi, Djian et Jan Varoujan ont été invité le 19 mars à Villeurbanne pour présenter l’album de BD Mission Spéciale – Némésis. 
Paolo Cossi (au milieu) et Jan Varoujan (à droite).

La présentation a eu lieu dans le Palais du travail. Mego a fait une introduction pour présenter la BD ainsi que les invités. Tour à tour Paolo et Jan ont pris la parole pour raconter la naissance de la BD. La fille de Shahan Natalie, Sylva Natalie Manoogian est intervenue en direct de Los Angeles pour dire quelques mots sur son père devant un public très ému.

Jan Varoujan a expliqué les différents étapes de la préparation de la BD à l'aide d'un diaporama. Nombreuses questions sur le plan technique et historique ont été posée par un public intéressé.

Après la présentation, une séance de dédicace a permis un échange riche entre les auteurs et les présents.  
Dédicaces pour la BD et le livre Hadoug Kordz.

mardi 18 mars 2014

Avant-première pour la BD Mission Spéciale – Nemesis



Avant-première 
pour la BD 
Mission Spéciale – Nemesis  




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Lundi 17 mars, à deux jours de l’anniversaire de l’exécution de Talaat par Soghomon Tehlirian à Berlin le 15 mars 1921, Hamazkayin, Homenetmen et les éditions Sigest organisaient une soirée de présentation de la BD Mission Spéciale – Némésis  (Hadoug Kordz) dans les locaux de la MCA, Paris 9e.


 
Les convives ont dû se patienter des dizaines de minutes afin d'obtenir une dédicace des trois auteurs.

La salle, pleine à craquer avec plus de 150 personnes, a suivi avec attention les intervenants, en présence des auteurs Paolo COSSI, J.B. DJIAN et J. VAROUJAN. Hourig, Rafi, Aram, Massis et les auteurs ont tour à tour expliqué comment l’idée de cet album était née, les différentes rencontres, en France et en Arménie, qui ont permis de mûrir le projet, et qui a finalement abouti à cet album après environ deux ans de travail.

Le moment le plus émouvant (et la surprise) de la soirée c’était l’intervention via Internet de Sylva Natalie Manoogian, la fille de Shahan Natalie (la tête pensante de l’Opération Némésis). Jan Varoujan avait trouvé sa trace à Los Angeles et avait noué le lien pour que cette intervention puisse avoir lieu en direct lors de cette soirée. 
 
 
Paolo COSSI, Jan VAROUJAN, J.B. DJIAN ont dédicacé non-stop pendant plus d'une heure.

La totalité du stock de 100 albums a été très rapidement vendue ainsi que le petit livre Hadoug Kordz (à la base du scénario de la BD). Le reste de la soirée fut consacré aux dédicaces avec les convives qui se pressaient autour des trois auteurs et d’un buffet, où les bulles de champagne se mélangeaient aux bulles de la BD (ou vice-versa) dans une ambiance chaleureuse.

mercredi 5 mars 2014

Les recensions de l’Académie : Les Fils du Soleil



Les recensions de l’Académie 1

Les fils du soleil : Arméniens et Avis du Dersim / Erwan Kerivel éd. SIGEST, 2013, cote : 59.343








La réislamisation forcée actuelle, organisée en Turquie par le parti conservateur au pouvoir « Adalet va Kalkinma Partisi » (Parti de la Justice et du Développement), ne doit pas faire illusion ; même s’il y a une volonté de masquer, voire déradiquer les minorités ethniques (Kurdes, Lazes, Turkmènes, Grecs) ou religieuses (Arméniens, Alévis, Ahl e Haq), les particularismes régionaux demeurent. Monsieur Kerivel, dont nous avions recensé le pcédent livre  La  vérité  est  dans  l’homme  : les Alevis de Turquie (Alfortville, Sigest 2011) et qui est un humaniste engagé, s’intéresse ici au Dersim, gion montagneuse du sud-est  de la Turquie, proche de lArménie et de lIran, que les Kurdes nomment « Porte dArgent », les Arméniens « Pays de Sem ou de Simon le Zélote », parcourue par le fleuve Kema Su, bras nord de l’Euphrate et le Murat Su, son bras sud. Cette région fut appelée « Arminia » par les Perses qui en firent leur 13e satrapie.


C’est là qu’eut lieu l’iranisation des Arméniens, qui adoptèrent les dieux mazdéens, Aremedz « Architecte de l’univers », père de Mithra et dAnahita. Tigrane le Grand (95-55 avant J.C.) annexa la région à son royaume dArménie. Devenus chtiens, les Arméniens conservèrent la tradition zoroastrienne de la messe du lever du soleil ou «arevakal», le Christ  étant  assimi à cet  astre,  cest  pourquoi  l’auteur  les appelle  « Fils  du  Soleil » ou »Arevordiks » (qui a le sens de « Issus du feu »). Du Ve  au IXe  siècle, les Arméniens tiraillés entre Byzantins, Perses puis Arabes, forgèrent un nationalisme religieux distinct du christianisme orthodoxe byzantin en adoptant le monophysisme, en demeurant courageusement chtiens dans un environnement humain islami et en sappuyant sur un clergé  for de  « derder »  (prêtres  mariés),  "abegha"  (moines  célibataires)  et  de « vardapets » (savants docteurs). Lorsqu’au XVIIe  siècle, les « grandes compagnies » de « djelali »,  soldats  démobilisés  devenus  bandits,  massacrèrent  les  chrétiens  dans  toute l’Anatolie, beaucoup dArméniens gagnèrent le Dersim et certains se convertirent à l’alévisme pour être protégés ; cest ainsi qu’Arméniens et Alévis firent leurs dévotions dans  les  mêmes  mausolées  locaux  de  saints  qui  portent  un  double  nom  musulman  et chtien. Les massacres dArméniens et de Syriaques organisés par le Sultan Abdulhamid de 1892 à 1918 suscitèrent chez les Alévis, eux-mêmes ostracisés, l’organisation de filières d’évasion des chrétiens vers la Russie, malgré les menaces du Gouvernement dIstanbul d’exécuter tout sujet musulman qui sauverait un chtien. À cette époque aussi, des Arméniens adoptèrent l’alévisme.





Auparavant au XIIIe  siècle, les tribus turkmènes et kurdes s’étaient réfugiées dans les montagnes anatoliennes pour échapper à l’invasion mongole ; leurs clans étaient dirigés par des cheikhs de confréries, Abdal, Kalendar ou Kizilbash (« turban rouge »). Ce sont précisément ces derniers qui autour du Cheikh turkmène ( ?) Safieddine vont adopter le chiisme afin de lutter contre les champions de l’islam sunnite, les Ottomans, clan de la tribu turque des Oghouz, qui avaient mis fin au sultanat seldjouqide dAnatolie au XVe siècle et allaient de leur capitale Bursa (Brousse) organiser la prise dConstantinople en 1453. Les Kizilbash, que fera découvrir Elisée Reclus (1830-1905) dans sa Nouvelle Géographie universelle adoptèrent des traditions mazdéennes qu’ils islamiseront, comme le personnage de Mithra devenu « Khodr » (prophète coranique) et que les Arméniens transformèrent en Saint « Vahagn ». Les Safavides, nouvelle dynastie perse qui allait faire adopter le chiisme par l’ensemble des Iraniens au XVIe siècle, s’affrontèrent avec les Turcs dans cette gion du Dersim de 1512 à 1639.


Les Alévis du Dersim allaient être influens par le chiisme kizilbash qui croit à l’ubiquité et à l’omnipotence dAli, établit le lignage des clans et de leurs guides spirituels, les « Pir » (ou « Cheikh »), prode par initiations successives à l’enseignement spirituel confrérique des «apprentis » (mourid) cooptés selon un rituel de franchissement d’épreuves appees « seuils » comme pour les Bektachis. Les initiés se nomment aussi « Ahl é haq » (disciples de la Vérité ou de Dieu). Les Alévis doivent se choisir un « frère de l’Au-De », qui est dune autre famille ; leurs descendants ne pourront jamais se marier entre eux à cause de la sacralisation de cette fraternité ; il arrive que ce nouveau  « frère » soit un Arménien avec lequel sont tissés des liens de sang ; on voit ainsi qu’on est loin du mépris affiché par les sunnites turcs envers leurs compatriotes chtiens


En 1921, le pouvoir turc encore sultanien décida l’extermination des Arméniens réfugiés au Dersim et parfois alévisés. Plus tard, les Alévis locaux, également soupçonnés d’être des descendants dArméniens, allaient être une nouvelle fois décimés par larmée dAtatürk en 1931 dans des opérations militaires sanglantes ; le nom même de «Dersim» fut supprimé et la région s’appellera désormais « Tunceli ». Lordre exclusivement sunnite devait y gner malg le fait que le Régime turc prétendait être devenu laïque.

Monsieur Kerivel a rédigé, pages 139 à 151, une bibliographie dune centaine douvrages, souvent peu connus sur cette partie de la Turquie. Il a ajouté plusieurs annexes précieuses, pages 152 à 169, comprenant des photographies de la gion, des massacres des habitants en 1931 ainsi que des cartes gionales. Pages 32-33, un tableau est consacré aux tribus du Dersim et à leur localisation. Il faut féliciter l’auteur davoir collecté, au cours de ses séjours, une documentation qui nous fait mieux connaître cettegion excentrée de la Turquie actuelle, exceptionnelle pour les bons rapports interconfessionnels entretenus uniquement par la volonté des autochtones.





Christian Lochon

 
1 Les recensions de l'Académie de Académie des sciences d'outre-mer est mis à disposition selon les termes de la  licence Creative Commons