samedi 20 mars 2021

Présentation de "Hadoug Kordz" à Erevan

Présentation de 

"Hadoug Kordz-Némésis" 

à Erevan


Neuf ans après sa première parution, « Hadoug Kordz– Némésis » une nouvelle édition enrichie vient de paraître aux éditions Sigest. L’auteur Varoujan Sirapian est arrivé à Erevan pour plusieurs rencontres/présentations.

EAN 9782376040477

Le 15 mars 2021, à l’occasion du 100e anniversaire de l’exécution de Talaat Pacha à Berlin par Soghomon Tehlirian, une première interview a été réalisée chez Civilnet TV.

 

Civilnet TV
https://youtu.be/EqpsnrZ-1cg

Le même jour M. Sirapian a été invité par la TV Yerkir Media  pour parler de son dernier livre sur "Hadoug Kordz" (Mission spéciale).

https://youtu.be/sb0LvJ_V1qM

Vendredi, le 19 mars, une présentation a eu lieu à la Librairie-Café Mirzoyan, organisée par la chaire du français de l’UFAR, avec dans la salle une trentaine d’étudiants de l’Université française. Le recteur le Prof. Bertrand Vénard et plusieurs enseignantes étaient aussi présents. 

Le lieu, sinon secret, plutôt discret et même un peu mystérieux était bien choisi par les organisateurs par rapport au sujet de la présentation.

Librairie-café Mirzoyan

Après la projection d’un film de Bernard George (Arte) retraçant l’opération Némésis avec reconstitution des faits, une documentation riche et les témoignages d’historiens comme Gérard Chaliand, Raymond Kevorkian, Claire Mouradian, Taner Akçam…

https://www.youtube.com/watch?v=2Ig7MnbWZo0




... M. Sirapian a présenté la genèse du livre « Hadoug Kordz » (un certain 7 mars 2012 au palais de l'Elysée) et qui avait servi pour le scénario de l’album de BD « MissionSpéciale - Némésis » paru en 2014 (chez Sigest), d'abord en français puis traduit en anglais, russe, arménien, grec et turc.


Ensuite M. Sirapian a répondu à de nombreuses questions posées par les étudiants.


Un grand merci à l’UFAR pour avoir organisé cette rencontre et qui a permis des échanges riches entre l’auteur et les étudiants.

 

Jean Dorian
Erevan, 16.03.2021





mardi 30 juin 2020

Israël Adam Shamir, miroir de notre temps

Israël Adam Shamir, miroir de notre temps

Publié le 24/06/2020
par Jacques Vecker


J'ai reçu le livre de Israël Adam Shamir «Aau nom du Christ » il y a plusieurs mois. Je devais en faire une recension. Je ne savais pas par quel bout le prendre. Cet écrivain-journaliste-politologue russe, juif israélien converti au christianisme, inclassable chercheur de vérité, lanceur d'alerte à sa façon, suédois d'adoption je suppose par nécessité de liberté éditoriale, à l'aise sous tous les cieux, ce Shamir que j'avais découvert à propos de la Palestine martyrisée tient des propos que seul un Juif peut tenir sur les Juifs sans devenir la cible de drones du Mossad. Enquêteur infatigable il débusque les fausses informations, les manipulations historiques et se pose des questions là même où personne ne se permet d'en poser. Staline fut-il le monstre que l'on dit, Hitler a-t-il vraiment songé à exterminer les Juifs, les Etats-Unis sont-ils soumis à Israël ? Il répond d'ailleurs clairement à cette dernière question, sans détour, sans ambiguïté. Il ose proposer de « mesurer Juifs et non-Juifs à la même aune que le reste de l'humanité » et constate que la seule infraction appelant une punition est « l'offense envers les Juifs » ! Pourquoi cette « adoration universelle pour les Juifs ? »

Il est des domaines où l'on ne se risque plus de s'aventurer sauf à s'offrir à la répression, à la mort sociale ou à la prison. Shamir échappe à toutes les malédictions mais ses livres sont souvent mis à l'index. Il rejoint l'heureux Gerard Menuhin qui écrivit à propos du national-socialisme, à visage et à mots découverts « Tell the truth and shame the Devil » (Dire la vérité et faire honte au diable) et tant d'autres moins connus qui osent se plonger dans les arcanes de la malignité juive et dans les méandres des successives traductions de la bible.

Les plus radicales affirmations se mêlent à des considérations linguistiques qui raviront les esthètes. L'église, ou plutôt l'Église redevient sous sa plume ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être une assemblée de croyants arrimée au message fondamental du Christ « Aime ton prochain comme toi-même » et autres sages conseils.

Au cœur de la pensée de Shamir, depuis que je la suis, se trouve l'égalité entre Juifs et Palestiniens. J'assistais un jour dans ma ville à une rencontre organisée par les amis de la Palestine à laquelle participaient des invités palestiniens présentant leurs produits et décrivant la réalité locale. Croyant bien faire, avant que le public ne se retire, j'ai proposé l' ouvrage de Shamir « L'autre visage d'Israël » J'ignorais qu'il n'était pas casher et que l'amour de Shamir pour les Palestiniens n'était pas acceptable car ce Shamir en d'autres occasions ne se voulait pas aveuglement shoahcompatible. Je fus vertement remercié et je dus garder pour moi mon intérêt pour ce peuple spolié. Je dois à la vérité de préciser que je ne devais pas non plus être considéré comme shoahcompatible.

Il semblerait, si l'on suit bien Shamir, que le destin des Juifs soit de devenir chrétiens et d'abandonner tout ce qui dans leurs textes sacrés apparaît comme barbare, génocidaire, intolérant, raciste. Jésus n'a-t-il pas prononcé à leur endroit ces paroles définitives : « Œil pour œil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre.» Une inversion totale de la conscience humaine. Il n'y a plus de peuple élu mais uniquement des enfants de Dieu... Ce que vos textes sacrés vous ont enseigne tout au long de l'ancien testament est obsolète. Je vous apporte la vérité et le destin de tous les Juifs est de me suivre. Je suis la vérité et la vie. Et Shamir se convertit, prit le prénom Adam et devint Israël Adam Shamir. On retrouve chez lui l'essentiel de la réflexion présente dans l'ouvrage de Georges Krassovski « Ce que Jésus voulait dire » magnifié encore par un Russe à l'esprit libre qui prendrait avantageusement place aux côtés de « Au nom du Christ »et de tous les testaments, particulièrement l'ancien. Comme beaucoup de contemporains non anglo-saxons hélas Israël Adam écrit en anglais mais il est magnifiquement traduit par Maria Poumier.

dimanche 7 juin 2020

Des livres qui dérangent

Des livres best seller qui dérangent

La rançon du succès


Les livres de Valérie Bugault n'ont rien de complotiste. Tout est basé sur des faits, des analyses pertinentes et sont largement documentés. 

Mais ses deux derniers livres " Les raisons cachées du désordre mondial " et le livre de poche " Demain dès l'aube... le renouveau " qui est une synthèse et complément du précédent, devenus des "best seller" et aussi ses interventions, très suivies (des dizaines de milliers de vues à chaque parution), dans des médias alternatives irritent certains.

  

Valérie Bugault est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique.

Voir le tweet d'André Bercoff au sujet des "dissidents" qui ne marchent pas dans les passages cloutés :

Les médiocres et les planqués détestent #DidierRaoult comme ils haïssent #DonaldTrump et tous ceux qui ont le talent et le courage d’avancer hors des passages cloutés de #BigBrother, et d’oser penser à l’extérieur de la machine à décerveler. Péchés capitaux pour les cons formatés.


Et voici la réponse de Valérie Bugault à ceux qui la traite de complotiste (extraite d'une interview).

Quant à "Conspiracy Watch" sous un nom pompeux qui laisse penser à une organisation internationale, on trouve une officine française, hébergée dans une maison d'associations à Paris, composée de... 2 personnes qui s'arrogent le droit de dire qui est "conforme" ou ne l'est pas. 

samedi 22 juin 2019

Présentation du livre "Lumineuse et le Dragon"

Présentation du livre : 

Lumineuse et le dragon 
par Nikos Lygeros


Décines, 22/06/2019








Ed. Sigest, EAN 9782376040231, illustré en couleur, 9,95 €

mardi 19 mars 2019

Henry Cuny à Yèrèvan


Henry Cuny à Yèrèvan





A l'invitation de l'UFAR et de l'Institut Tchobanian, M. Henry Cuny (ancien ambassadeur de France en Arménie) sera à Yerevan du 19 au 25 avril pour des rencontres francophones notamment autour de son dernier livre paru chez Sigest, 

Lettres à mon petit-fils pour lui faire aimer la France et sa langue.



19/04/2019 VENDREDI    ALLIANCE FRANCAISE 18H
22/04/2019 LUNDI            RENCONTRE DES AMBASSADEURS - UFAR 18H
23/04/2019 MARDI           UNIVERSITE BRUSOV 12H
24/04/2019 MERCREDI   VISITE MEMORIAL DU GENOCIDE avec les étudiants de l'UFAR, 11H. 

25/04/2019 JEUDI            UNIVERSITE D'ETAT D'EREVAN, Faculté des langues européennes 13H




lundi 18 mars 2019

Décès de Jean Rémy

Décès de Jean Rémy




Nous avons le regret de vous apprendre le décès prématuré de Jean Rémy, l'un de nos auteurs.

Il était le co-auteur (avec Valérie Bugault) du livre Du nouvel esprit des lois et de la monnaie publié aux éditions Sigest en juin 2017. 


Il était également l'auteur d'une Théorie structurale de la monnaie, conçue de longue date et publiée en septembre 2018 chez Sigest.


Son décès est une grosse perte pour tous les gens qui cherchent à concilier la banque et la démocratie.


La direction de SIGEST

samedi 25 novembre 2017

Auron au Centre culturel A. Manoogian


Yaïr Auron au Centre culturel A. Manoogian



Mercredi 22 novembre, Yaïr Auron a terminé sa tournée en France pour présenter son livre « Israël et le génocide des Arméniens » avec une conférence donnée dans la soirée, au Centre culturel A. Manoogian, à  Paris 17e.

Le débat a été animé par Laurent Leylekian, qui avait déjà joué ce rôle d’animateur l’an passé lors de la présentation du livre « Sauveurs et combattants » en présence de Charles Aznavour.



Le public, attentif, a pu poser de nombreuses questions auxquelles le prof. Auron a longuement répondu. Ensuite les discussions ont continué autour de la table de dédicace où Yaïr Auron a signé ses deux livres.


Un prochain RDV a été annoncé par J. Sirapian, le directeur des éditions Sigest, pour un troisième livre à venir avec Yaïr Auron, au cours de l’année 2018.




jeudi 23 novembre 2017

Yaïr Auron à LGL


Yaïr Auron reçu
sur le plateau de La Grande Librairie



Pour son dernier jour en France le professeur Yaïr Auron a été invité sur le plateau de La Grande Librairie, présenté par François Busnel sur France5.
F. Busnel reçoit Charles Aznavour
L’enregistrement a eu lieu le 22 novembre et l’émission sera diffusé le jeudi 23 novembre à 20h45 sur France5.
Busnel interroge Aznavour sur l'écriture de ses chansons 
L’invité d’honneur était M. Charles Aznavour dont Yaïr Auron avait raconté l’histoire de la famille qui avait sauvé 11 personnes, dont 3 juifs, pendant l’occupation nazie de Paris .



Participait aussi à l’émission Hélène Carrère-d’Encausse et Guillaume Gallien.




Yaïr Auron fut interrogé par François Busnel sur ses deux livres, « Sauveurs et combattants » et son dernier ouvrage, « Israël et le génocide des Arméniens ».


Après l’émission Charles Aznavour, Yaïr Auron, François Busnel et Jean Sirapian ont pu échanger quelques mots. Jean Sirapian a pu faire part de projets à venir dans le cadre de la Francophonie en Arménie en 2018.
MM. Aznavour, Busnel, Auron, Sirapian


Voir replay sur LGL

mardi 21 novembre 2017

Aznavour et Auron chez LGL


François BUSNEL reçoit
Charles Aznavour et Yaïr Auron
Charles Aznavour et Yaïr Auron. Photo (c) Pierre Turyan 

Seront présents sur le plateau de La Grande Librairie
émission diffusée le jeudi 23 novembre 2017 à 20H45 sur France5


Charles Aznavour, Retiens la vie, Éditions Don Quichotte

Guillaume Gallienne, Ça peut pas faire de mal, Gallimard

Yaïr Auron, Israël et le génocide des arméniens, Éditions Sigest
...

jeudi 12 octobre 2017

Yaïr Auron en France

Prof. Yaïr Auron en France

Pour la présentation/dédicace de son livre

ISRAEL et le génocide des Arméniens


Yaïr Auron sera en France du 16 au 22 novembre 2017.

***


Pour les présentations à Paris s'inscrire en écrivant à :
contact @ Tchobanian.org


Pour commander le livre rendez-vous sur cette page :



mardi 5 juillet 2016

Contrats d'édition entre SIGEST et Yaïr Auron

Sigest signe des contrats d'édition 

avec Yaïr Auron






T.S. Kahvé
Erevan, 01.07.2016


Lors de son séjour en Arménie, en mars-avril dernier, Jean Sirapian, administrateur des éditions Sigest et directeur de la revue « Europe&Orient », a signé plusieurs contrats d'édition avec l'intellectuel israélien, connu pour ces travaux (et son combat) pour la reconnaissance du génocide des Arméniens par l'État d'Israël.

Les deux hommes s'étaient déjà rencontrés en janvier 2015, toujours à Yerevan, et s'étaient mis d'accord pour traduire et publier les livres d'Auron.

Yaïr Auron et Jean Sirapian en discussion à Yerevan, American University Armenia



Finalement les modalités de ces publications ont été concrétisées ce qui a abouti aux contrats d'édition. 

Yaïr et Jean, après la signature des contrats. (AUA)



L'un des ouvrages concerne les témoignages recueillis par Auron auprès de Charles Aznavour concernant la période de la Seconde Guerre. Le livre sera publié d'abord en français et l'an prochain en arménien.

L'autre ouvrage sera la traduction des extraits de ses 2 ouvrages sur le génocide arménien, "The Banality of indifference" et "The Banality of Denial", réunis en un seul volume.

« Outre la fierté d'avoir signé des contrats avec un auteur de renommé, je suis content aussi de découvrir en Yaïr un ami bon et sincère», a dit J. Sirapian.


Des souscriptions seront bientôt ouvertes pour ces livres.



jeudi 30 juin 2016

Henry Cuny parrain du Premier festival du cinéma arménien à Nice

Henry Cuny parrain du Premier festival du cinéma arménien à Nice

Ouverture du Festival du cinéma arménien de Nice Introduction de Henry Cuny, écrivain, ancien ambassadeur de France en Arménie -5 juin 2016.

****** C’est une surprise pour moi d’avoir été choisi pour parrainer ce premier festival niçois du cinéma arménien. J’y vois bien sûr une marque d’amitié des organisateurs. J’y vois aussi la pérennité du lien qui m’attache à l’Arménie depuis les cinq ans qu’a duré ma mission comme représentant de la France dans ce pays, de 2002 à 2006. C’est tout à la fois un honneur et un plaisir.


Henry Cuny


Le plaisir de vous accueillir, chers amis Niçois, dans une ville qui est pour moi devenue d’adoption, puisque elle a été le premier lieu de mes vacances depuis l’âge de 17 ans (je vous laisse calculer). J’y suis resté fidèle, comme vous le voyez, à l’heure de la retraite.

Le plaisir d’accueillir pour cette projection unique du film d’ouverture -1915 - l’actrice principale Angela Sarafyan qui incarne ce que j’ai appelé dans « l’âme d’un peuple » « l’élégance racée des jeunes Arméniennes », leur courage et leur talent. Mais aussi les deux coréalisteurs Garin Hovannisian et Alec Mouhibian ; Garin Hovannissian étant le fils de l’ancien ministre des Affaires étrangères Rafi Hovannissian qui est, aujourd’hui encore, un acteur important du débat démocratique en Arménie, que j’ai bien connu et avec lequel j’ai beaucoup échangé durant ma mission d’ambassadeur.

Mais un honneur surtout, celui de porter un instant le flambeau de cette culture millénaire que j’ai eu l’occasion d’approfondir durant mon séjour et au cours de la préparation de l’année de l’Arménie en France en 2007 dont je disais à l’époque : « il n’est pas outrecuidant de consacrer, après ces continents que sont la Chine et le Brésil, une année à l’Arménie, dont la géographie, réduite à la portion congrue par les vents contraires de l’histoire, demeure dépositaire de l’épopée d’un peuple. L’Arménie nous apprend que chaque nation est indispensable au monde, que notre méconnaissance de l’autre est une ignorance de soi, que tout génocide est une amputation de nous-mêmes ».

Car je vois bien le risque pris avec ce titre laconique « 1915 » : « L’Arménie, diront certains, ne se renouvelle pas ; la culture arménienne reste figée dans le souvenir, la commémoration ».

Double erreur : je puis témoigner, pour avoir beaucoup voyagé de par le monde, que l’art arménien est un des plus créatifs qui soient et peut s’enorgueillir d’une vitalité peu commune ; mais encore que la revendication de la reconnaissance du génocide a peu à voir avec une volonté de s’enfermer dans des sentiments turcophobes mais participe de la nécessité subconsciente de démontrer que l’Arménie, pays miraculeusement rescapé des naufrages de l’Histoire, à commencer par ceux des empires qui l’avaient engloutie, se veut le témoin d’une histoire sacrée, d’une seconde genèse de l’Humanité depuis les temps de Noé.

De mon bref essai « Arménie, l’âme d’un peuple », la Ministre de la Culture Hasmik Poghossyan, qui a tenu à le préfacer, a retenu cette phrase : « L’arménité réside dans le dépassement des apparences. Si elle n’était dictée que par le sang, elle aurait depuis longtemps été submergée par le sang. L’arménité me paraît être plutôt une démarche millénaire de l’intelligence. » Il y a dans la langue arménienne un temps du passé qu’on appelle précisément le temps du témoignage. Je dis quelque part : « Si Israël est le peuple élu, l’Arménie est le pays témoin ». Témoin, c’est sans doute modeste, mais c’est tout aussi grand. 

EAN 9782917329856, Editions SIGEST


****** Refuges arméniens... Le titre nous interpelle. Est-il bien à propos ?
Qu’est-ce qu’un refuge ? C’est, nous dit le dictionnaire, « un asile, un lieu où l’on se retire pour être en sûreté ». Mais les Arméniens se sont-ils jamais sentis en sûreté quelque part ? Au cours des trois mille dernières années de leur histoire, celle qui est référencée par des dates, des événements, des inscriptions dans la pierre, plus tard des khatchkars aux portes des églises ou à l’entrée des cimetières, ils n’ont fait qu’être ballottés entre d’immenses empires rivaux et de résister aux envahisseurs, par les armes et la vaillance autant qu’ils le pouvaient, par la foi et la persévérance quand ils étaient vaincus par la disproportion des forces ennemies.
Un refuge c’est aussi, précise le dictionnaire, « un abri en montagne ». Et cela, l’Arménie l’a toujours été : qu’il s’agisse de ces défenses naturelles inexpugnables où les souverains ourartiens tinrent tête aux rois d’Assyrie, cette haute muraille du Taurus arménien qui protégea le royaume de Van des menées d’Assour, ou du Nagorny Kharabagh qui fut longtemps le dernier refuge d’une population arménienne qui ne voulait pas renoncer à sa liberté, à son identité.
Car le mot refuge prend aussi un sens plus large quand il est en apposition d’un autre mot, le plus souvent valeurs refuges, au pluriel. Et c’est précisément autour de et par ses valeurs que l’Arménie a survécu à ses engloutissements successifs.
Alors, oui, refuges arméniens, au pluriel, est bien le titre qui convient. Il colle parfaitement à l’épopée du Musa Dagh qu’il évoque puisque c’est à flanc de montagne que les Arméniens du Musa Dagh ont tenu tête durant plus de 50 jours aux troupes ottomanes d’une écrasante supériorité en hommes et en armement. Il colle au sort de cette poignée de descendants des rescapés du génocide de 1915, revenus dans leur village de Vakif par fidélité à eux-mêmes, et qui vivent aujourd’hui sous la menace de Daesch, des répercussions de la guerre civile en Syrie et de la montée du fondamentalisme au sein des communautés sunnites alentour.
Mais le titre refuges colle plus encore à ces navires français qui évacuèrent les résistants du Musa Dagh promis à une mort certaine et que la France accueillit au nom précisément de ces valeurs refuges dont elle a fait sa devise : liberté, égalité, fraternité. Point d’ancrage de cette amitié unique entre la France et l’Arménie. Je pense comme le Général de Gaulle qu’un pays, plus encore une grande nation, n’a pas d’amis, seulement des partenaires ; mais j’y apporterai une exception, celle de l’amitié franco-arménienne car c’est une évidence pour le monde entier.
D’une certaine manière je pense que, par un renversement de l’histoire, ces villageois de Vakif que nous allons découvrir dans le film de Mathieu Proust sont, comme les autres chrétiens d’Orient, devenus à leur tour le refuge des valeurs que nous défendons.

**** Lors de l’ouverture de ce festival du cinéma arménien, le 5 juin dernier au cinéma Mercury, je terminais mes quelques mots d’introduction sur cette réflexion tirée de mon essai - Arménie : l’âme d’un peuple - « si Israël est le peuple élu, l’Arménie est le pays témoin ».
Le film qui nous est présenté ce soir et que je vais découvrir avec vous - Les chemins arides d’Arnaud Khayadjanian - illustre parfaitement ce propos. Un film tourné en Turquie, sur la terre de ses ancêtres rescapés du génocide de 1915. Comme le film d’ouverture - 1915 - il s’agit donc d’un film sur la mémoire d’un peuple, le peuple arménien.
Si l’on y réfléchit bien l’Arménie, longtemps souterraine, engloutie dans la toute- puissance ou l’anéantissement d’empires qui ne sont aujourd’hui que des noms oubliés sur nos atlas historiques : mède, achéménide, perse, séleucide, parthe, sassanide, byzantin... plus près de nous ottoman, hier encore soviétique, l’Arménie disparue de la carte du monde pendant un millénaire, évanouie, n’a été que mémoire. La mémoire est l’élément constitutif de l’ADN arménien, le secret fragile et impérissable de sa survie.
Et ce sont les témoins qui transmettent la mémoire d’âge en âge : une mémoire déjà consignée par le premier historiographe arménien, Moïse de Khorène, dont les descriptions enthousiastes des palais de Sémiramis sur le bord du lac de Van poussèrent les orientalistes du XIXè siècle à entreprendre des recherches in situ et à découvrir qu’il avait effectivement existé au IXè siècle avant Jésus-Christ une reine de ce nom dont parlaient toujours vers 1850 les villageois des contrées avoisinantes. Mémoire orale à l’unisson d’une mémoire écrite.
C’est la même démarche qui pousse l’auteur de ce film à aller interroger les pierres et les ombres en Turquie : car si les chemins de la mémoire sont parfois arides, les ruines ne le sont jamais. Elles sont souvent plus disertes que les hommes. Et je suis certain que, dans mille ans, on parlera encore de ce qui est arrivé là, il y a pour nous cent ans, de la mécanique implacable de l’Acte exterminateur, de cette Apocalypse où, comme le dit Saint Jean, le fleuves furent changés en sang. Selon Saint Jean, une étoile tombe dans les eaux et les eaux s’empoisonnent. Mais le poison n’est pas le sang, le poison est l’occultation de la mémoire.
Pourtant il y a aussi un autre message dans le film que nous allons voir. C’est le premier film traitant explicitement du génocide tourné avec l’accord de la Turquie qui a accompagné le tournage de force gendarmes pour assurer sa sécurité et sans doute pour le surveiller. C’est aussi un film qui dit que dans toute Apocalypse il y a des anges de lumière, des Justes qui sauvent d’autres Justes. Il n’y a pas d’Empire du Mal, il n’y a que des nations ou des hommes qui se cherchent. Espérons qu’ils se trouveront avant 1100 ans.


Le film d’ouverture s’achevait sur une main tendue. Puisse celui-ci contribuer à rapprocher les mémoires !



source : http://www.armenews.com/article.php3?id_article=128436

dimanche 19 juin 2016

Salon du livre de Montmorillon

Salon du livre de Montmorillon

Ouverture du salon samedi 11 juin 2016, à 10h.
Le 17e salon du livre de Montmorillon, la cité de l'écrit, s'est déroulé les 11 et 12 juin avec comme invité d'honneur Franz-Olivier Giesbert.

Une file d'attente importante devant le stand de FOG.

Plus de 120 auteurs étaient présents sur ces 2 journées.

SIGEST était présent avec deux auteurs ; Hélène Richard-Favre et Jean Sirapian.


Hélène Richard-Favre a dédicacé son dernier livre : "Eclipse d'un poète solidaire"
 
Editions SIGEST ; plus de 100 livres publiés depuis 2005.

L'inauguration du salon, suivie d'un buffet a permis des échanges sympathiques entre auteurs, éditeurs et responsables locaux.
Hélène Favre et Michael Lecuyer, un des responsables du salon, en conversation.

La place Régine Deforges où se tenait le salon offre un point de vue magnifique sur la ville.
 
Ici, Hélène Richard-Favre en discussion avec Yves Bouloux, le Maire de Montmorillon, (3e en partant de gauche).